Histoire d’un village : Brassy d’hier et d’aujourd’hui

 

Administration locale … Du Moyen-âge à nos jours

Pendant tout le Moyen-âge et sous la Monarchie, les villes et les villages s’appellent « communautés d’habitants ». Le pouvoir est détenu par les seigneurs et l’organisation territoriale est calquée sur les limites de la paroisse. Chaque communauté jouit d’une loi privée avec des privilèges différents d’une ville à l’autre. La Révolution a eu comme préoccupation d’uniformiser des situations administratives trop diversifiées. Une nouvelle organisation politique et administrative de la France est donc mise en place et donne naissance aux communes qui bénéficient du même statut.

Brassy, comme toutes les paroisses de France, est donc érigée en commune par l’Assemblée Constituante de 1789 et dotée d’un administrateur : le Maire. Celui-ci, ainsi que les conseillers municipaux, sont élus, dès 1790, au suffrage censitaire, système dans lequel le droit de vote est réservé aux contribuables versant un montant minimal d’impôt.

Les maires sont nommés par l’autorité gouvernementale par le biais du préfet sur une proposition du sous-préfet d’après une liste de « Préférables » choisis parmi les élus locaux. Le pouvoir des maires est fortement limité par l’état qui impose sa tutelle jusque sous la Restauration.

Le décret du 5 mars 1848 crée le suffrage universel (article 5). A partir de 21 ans, tous les hommes ont le droit de voter (article 6). Le décret du 3 juillet de la même année va autoriser, par les articles 10 et 11, le conseil municipal «  à choisir en son sein le Maire et l’adjoint de la commune et que les élections se fassent au scrutin secret et individuel, à la majorité absolue des suffrages ».

La première grande loi communale est votée le 5 avril 1884. Elle consacre l’organisation des communes et l’émancipation de celles-ci vis-à-vis de l’état (budget et délibérations réglant les affaires communales) sans pour autant contrevenir aux lois propres à tous.

Le 29 avril 1945, les femmes votent pour la première fois. C’est une ordonnance du 21 avril 1944 de la France résistante qui leur accorde ce droit.

Les lois dites de décentralisation votées en 1982 ne font qu’accroître les responsabilités des communes. Une partie du pouvoir détenu par l’état est transférée aux régions et collectivités locales. Ces lois ont abouti à un renforcement du pouvoir des maires et des conseils municipaux dans la gestion quotidienne des affaires de la commune. Cette liberté a également permis aux communes de s’associer afin de mettre à la disposition de leurs administrés de nouveaux services communs (enlèvement des ordures ménagères, station d’épuration, aménagement de zones d’activités, etc.). L’union faisant la force, l’intercommunalité a connu un essor rapide.

Les régimes, les gouvernements, les constitutions, les lois, les maires se sont succédé pour que les communes évoluent vers plus de libertés, de démocratie au niveau local tout en organisant une vie quotidienne meilleure à leurs administrés.

C’est ainsi qu’à Brassy de 1789 à 2010, de Dominique Prévotat à Jean-Sébastien Halliez, 24 maires ont concouru aux destinées de notre commune.

Mais qui sont ces maires ? Au 19ème siècle, beaucoup sont, d’après messieurs les sous-préfets, « d’honnêtes et paisibles citoyens » capables de mener à bien les affaires de la commune. Chaque maire d’alors, comme tous les membres du conseil municipal doit faire état de son état-civil, de sa profession, « d’illettré » à « sait signer », puis « sait lire » ou encore « sait calculer ». Peu ont fait des études supérieures. Pour ces instruits, la place de maire ou d’adjoint leur est toute réservée.

Certains ont dû jurer « fidélité au roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume » (sous Louis XVIII, Charles IX, Philippe Egalité). Quelques-uns ont juré « obéissance à la Constitution et fidélité au Président » (sous Louis-Napoléon Bonaparte 2ème République). D’autres ont juré « obéissance à la constitution et fidélité à l’Empereur » (sous Napoléon III).

Si les uns ont vécu des temps de paix et de prospérité d’autres ont connu des temps de guerre et de disette. Mais tous, en dépit des difficultés traversées, ont permis à Brassy de survivre et de s’adapter.

Aujourd’hui, Brassy entre dans le 3ème millénaire. Alors souhaitons lui bonne chance et que vive Brassy pour 2000 ans et plus.

Annie ROUSSEL-BEELDENS

* Sources : Archives communales de Brassy et archives départementales de la Nièvre