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Site officiel du village de Brassy 58
Commune du Parc du Morvan

Histoire d’un village : Brassy d’hier et d’aujourd’hui

 

L’Eglise Saint-Gervais-et-Saint-Protais

La paroisse de Brassy, l’une des 42 qui formaient le ressort de l’élection et du grenier à sel de Château-Chinon, faisait jadis partie du diocèse d’Autun et de l’archiprêtré de Quarré-les Tombes. Elle doit son origine à un prieuré de bénédictins fondé au 11ème siècle, sous l’invocation de Notre-Dame, par Henri de Clamecy, seigneur du pays, qui le donne au célèbre monastère de la Charité-sur-Loire.

Au centre du bourg s’élève alors une petite église prieurale. Au 13ème siècle une maison conventuelle avoisinant l’église abrite encore plusieurs religieux. Ce monastère possède à l’Huis du Bout une métairie assez importante. On dit qu’un souterrain relie probablement les deux propriétés.

Au 16ème siècle, sur l’emplacement de la petite église partiellement détruite par un incendie, on entreprend la construction d’un plus grand édifice dédié à St Gervais et à St Protais. Le chœur autrefois de style roman et terminé en abside est reconstruit dans le goût de la renaissance. Au dessus de bancs des fabriciens (membres du « conseil paroissial »), on peut lire que la première pierre fut posée le 7 mai 1546 par discrète personne messire François Bailly, curé de céans et l’ouvrage achevé le 7ème jour d’octobre de l’année 1549. 

Inscription
Inscription
Choeur
Choeur
Tabernacle XVe-XVIe siècle

Presbytère et cimetière sont, à cette époque, accolés à l’église.

Le 14 mai 1848, à la fin de la messe, un incendie, allumé par un imprudent coup de fusil, détruit l’église, le presbytère, la mairie et 5 habitations avoisinantes. Le clocher rougi par le feu, prêt à fondre, est précipité au pied du beffroi et se brise sur les dalles de l’église. La tour, alors bâtie entre le chœur et la nef, se fend du haut en bas et est démolie. Sur le cimetière, qui entoure l’édifice, de gros arbres préservent le reste du bourg. Derrière l’autel, à gauche, on remarque un ancien tabernacle délicatement sculpté et couronné par un pélican symbolique. Il renferme les Saintes Huiles. Sur la gauche au nord, se trouve une chapelle dédiée à la Sainte Vierge. Au-dessus de l’arcade, en plein- cintre, se trouve un bas-relief en bois représentant la cérémonie du baptême. Aux extrémités se trouvent un buste de femme et un buste d’homme représentant probablement les fondateurs de la chapelle.

Bas-relief peint représentant la cérémonie du baptême.

Au XVIIe siècle, la famille de Borne de Gouvault avait droit de sépulture dans cette chapelle.

Le clocher est reconstruit sur le portail de l’ouest en 1852, dans le style roman. La bénédiction solennelle de la nouvelle cloche est célébrée par l’évêque de Nevers, Monseigneur Dufêtre en présence du curé Jean Bion, curé doyen de Lormes. Son parrain est M Stéphane de Gouvault et la marraine Demoiselle Jeanne Charlotte de Bonnefoi de Ver.

Premier maillon de l’administration ecclésiastique, le curé est le chef et le responsable d’une paroisse. Il assure l’encadrement des fidèles dans la vie quotidienne de leur foi. Il administre les sacrements, les cérémonies (baptême, communion, mariage, enterrement). Il pourvoit à l’éducation religieuse par le catéchisme pour les enfants et, par le prône ou sermon lors de la messe dominicale pour les adultes. Il accompagne la vie terrestre de ses paroissiens dans la quête de l’au-delà : il confesse et donne l’eucharistie. Il célèbre toutes les grandes fêtes religieuses annuelles (Pâques, Pentecôte, Toussaint, Noël …).

Dans le cycle de l’année s’inscrivent également les rites saisonniers :

  • la lecture de la passion, coutume liée aux travaux des champs,
  • la plantation des petites croix dans les champs,
  • les rogations (3 jours avant l’Ascension), procession dans la campagne cultivée avec bénédiction de la croix de chaque hameau. Egalement les granges, les écuries, le bétail sont bénis,
  • la Fête-Dieu, procession dans le village,
  • la fête du St- patron de la paroisse (Saint Gervais : le 19 juin à Brassy).

A ses fonctions sacerdotales, le curé jadis assurait des fonctions civiles. Jusqu’en 1735, il tient lieu de notaire pour recevoir les testaments. Jusqu’à la Révolution, il joue le rôle d’agent de l’Etat par la tenue des registres paroissiaux. Au Prône, le dimanche, il est obligé de dire les annonces officielles provenant de l’administration royale.

Autrefois, le curé de Brassy  avait une lourde charge paroissiale due aux nombreux habitants (2 222 en 1891). A domicile, il ondoie tous les enfants à la naissance et donne l’extrême onction à tous les moribonds (sans parler des périodes d’épidémies). De même, il pratique les relevailles, cérémonies de purification de la femme 40 jours après l’accouchement permettant à celle-ci de retourner à l’office le dimanche. Dans sa charge, il est aidé par un marguillier qui peut, tour à tour, être sonneur, bedeau, sacristain, chantre, fossoyeur. Un dénommé Kartis occupe longtemps cette fonction au début de notre siècle. Il y a également les organistes qui jouent de l’harmonium. Certaines restent encore dans nos mémoires : Annette Renault et Léontine Clemendot.

Eglise Saint-Gervais-et-Saint-Protais
Bénédiction de la Croix St-Gervais, Rogations Mai 1909
Une sortie de messe
Eglise Saint-Gervais-et-Saint-Protais


Annie ROUSSEL-BEELDENS

Sources : Archives Départementales – Archives diocésaines  - Souvenirs de Brassycois
Cartes postales de la collection d’Annie ROUSSEL-BEELDENS
Photos : Sylvie  SACANVILLE (Diaporama)